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Master Class Nijinski - COMPAGNIE FAIZAL ZEGHOUDI

Le Spectacle

Présentée en Première nationale le 20 janvier 2017 au Théâtre Paul Eluard, scène conventionnée danse de Bezons, « Master Class Nijinski », pièce chorégraphique pour quatre danseurs et un comédien, est bien plus qu’un simple hommage à Vaslav Nijinski, une évocation poétique de son génie artistique : un style à l’empreinte humaniste qui fit scandale en son temps, parce qu’il entendait faire de l’expressivité du mouvement, une vraie révolution artistique.

A cet égard, il était sans doute naturel que Faizal Zeghoudi, dont l’écriture chorégraphique traduit elle-même cette exigence du geste qui « fait sens », dans une alliance subtile de l’intime et du sublime où la recherche de l’esthétisme repose toujours sur la force d’émotion et la puissance d’évocation qu’elle recèle, se
reconnaisse parfaitement en lui.

Loin de vouloir retracer la vie de ce créateur d’exception dont le destin tragique n’est évoqué que par ellipses dans le très beau texte original de Marie-Christine Mazzola, le chorégraphe s’empare ici de son sujet sans se laisser brider par la dimension du mythe qui aurait pu peser sur lui : avec la grande liberté de ton, de
forme et de mouvements que n’aurait sans doute pas reniée Nijinski de son vivant.

Lui, qui parce qu’il détestait s’expliquer, se présentait d’une seule formule, aussi poignante que laconique :

« Je suis Nijinski, celui qui meurt s’il n’est pas aimé. »

C’est à l’ancien danseur, désormais comédien, Bernard Pisani, que revient l’idée formidable d’avoir pensé associer à l’ombre portée de Nijinski, l’écriturechorégraphique très sensuelle et incarnée de Faizal Zeghoudi.

Sur des œuvres de Schubert, et celles, bien sûr, de ses contemporains, Debussy et Stravinsky, qui le portèrent au plus haut dans sa carrière de danseur et de chorégraphe et sur des compositions moins connues de l’allemand Alva Noto et du japonais Ryuichi Sakamoto pour qui ces derniers ont toujours été source
d’inspiration, « Master class Nijinski » revisite quelques pièces majeures du répertoire de Nijinski.

Elles sont ici recréées à l’aune d’un imaginaire tissé de références empruntées aux deux rives de la  méditerranée, d’un point de vue très actuel, d’une sensibilité touchante et singulière, les trois composantes essentielles de l’écriture chorégraphique de Faizal Zeghoudi.

Dans cette master class fantasmée, c’est donc un Nijinski vieillissant, évidemment amoureux, qui dans le poignant monologue écrit par la dramaturge, questionne son destin torturé, s’interroge sur le sens de sa création et s’affronte aux fantômes du passé, quatre talentueux et magnifiques danseurs qui incarnent sur scène, la sensualité et les fulgurances de sa jeunesse.

Ainsi Faizal Zeghoudi a-t-il réussi son pari, selon ses propres mots, de « convoquer l’esprit de Nijinski pour nous donner à voir, ce qu’il pouvait ressentir lorsqu’il dansait », par la seule grâce d’une partition chorégraphique pareille à nulle autre et pourtant traversée du souffle passionné et des déchirures bouleversantes du Dieu de la danse.